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Accueil > Artistes > J > Jeronimo > Discographie > Un monde sans moi Un monde sans moiRetrouve tes beaux gosses préférés sur Kelbogos.com
Voici un nouveau brin de fraîcheur et d'insolence qui trouve bien sa place dans la nouvelle vague de jeunes auteurs francophones de talent. Dans la lignée de M notamment ou de Katerine du côté belge, Jeronimo nous livre en effet un premier album très prometteur. "Petit groupe" comme il est décrit à la plage 9, le trio se compose de Sacha Symon à la guitare, de Thomas Jungblut à la batterie et de Jérôme Mardaga, qui non content de chanter signe également la musique et les paroles. Parlons en justement des paroles ! Décidé à s'inscrire dans ce courant un peu surréaliste si propre à la Belgique, Jeronimo n'y va pas de main morte dans la dérision et l'ironie. Et au fil des écoutes, la simplicité apparente des paroles parvient à nous faire réfléchir sur la société, vue à travers la lorgnette d'un auteur qui ne manque pas de bon sens et de lucidité pour décrire en douze textes courts mais bien essuyés la magie de l'amour, des rencontres et de la vie, tout simplement ! Côté musique, l'influence du rock anglo-saxon se fait très nettement ressentir, certaines compositions nous rappelant par exemple les premiers accords de Placebo et de U2. L'album commence par L'été inoubliable, où, après une introduction aux accents électros, Jeronimo plonge dans le délire acide pour critiquer les dérives de notre société d'apparence. Cette chanson reflète assez bien la totalité de l'album, notamment par le contraste entre le début calme et planant et le rock déchaîné de la fin, qui sont les deux grandes tendances musicales de ce CD. Ma femme me trompe a connu un succès impressionnant au Québec, où le groupe a d'ailleurs été tourner le clip, qui se veut aussi provocateur que les paroles. La mélodie est agréable, l'humour toujours au rendez-vous mais l'on peut regretter que notre auteur compositeur ne donne pas plus d'accents chantants à sa voix. A partir de la chanson suivante, le son se construit davantage et l'on rentre mieux dans la musique. La fille sous l'eau bénéficie d'arrangements très solides, tout comme Ton éternel petit groupe qui est d'une écoute vraiment plaisante. Le rock laisse de temps en temps la place à des compositions plus calmes, où Jérôme dévoile enfin l'étendue de son talent de chanteur. Sur Sarah et Si j'avais une fille, il frôle vraiment le micro pour un résultat acoustique de toute beauté. Cependant, plus de calme ne signifie en aucun cas moins d'acidité ou d'impertinence, ce dont on ne peut que se réjouir ! De même, les percussions qui s'ajoutent aux sons des guitares viennent égayer d'une très agréable manière la partition de deux compositions, Le frisson et Le son, l'image et l'électricité. Nous ne pouvons pas évoquer cet album sans un clin d'oeil à la chanson J'ai peur des Américains qui, dans le contexte actuel, prend une dimension particulière. Pour la petite histoire, il s'agit d'une reprise d'un titre de David Bowie, que Jeronimo, tout en la traduisant, ne trahit pas. Les guitares se déchaînent, accompagnées par la batterie qui résonne et nous, nous reprenons en écho les peurs de l'auteur: "J'ai si peur des Américains terrifiés par le monde. Dieu est un Américain." Enfin, l'entrée symphonique de la dernière chanson, jh cherche professeur de danse, est très belle et la partition se maintient au même niveau pendant toute la chanson, rehaussée par le son des violons. Bref, un album riche et varié qui couronne un nouvel artiste à l'avenir sans nul doute très prometteur ! Caroline Lesire Liste des titres :
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Un monde sans moi [Album CD - 2003 - Anorak Supersport - Capitol]